« La parole est cet amour qui s’incarne dans l’oralité sous la forme d’une promesse »
(Olivier Py, Epître aux jeunes acteurs pour que soit rendue la Parole à la Parole, Actes Sud-Papiers (apprendre), 2000, p.29.)
Une table où on se maquille côté jardin, un escabeau, un panneau noir. Et surtout cette lampe allumée, cette servante qui veille le théâtre éteint, cette signature du metteur en scène et
auteur.
Cette pièce/conférence est une adresse aux acteurs du conservatoire national supérieur d’art dramatique. Un Epître soit l'adresse, la parole prenant sa source dans le Christ. La parole entendue
qui peut te sauver, te dire qui tu es.
Un Epître, soit la parole mystique du théâtre s’incarnant sur le bois même du drame à travers John Arnold et Samuel Churin. Cette leçon de théâtre mêle plainte émue et autodérision, le discours
tenu défend le théâtre face au vide intellectuel, le théâtre qui affirme la totalité du monde, le théâtre qui ne dit que « dit moi comment tu parles et je te dirais qui tu es ». On
reconnaît cette parole argileuse comme incarnation de l’homme : grande vertu du théâtre.
Jouissance du verbe, jouir par la bouche, la parole se donne au spectateur avec sa puissance fragile et tremblante. Une promesse malheureusement de plus en plus rare et donc de plus en plus
nécessaire face au gouffre médiatique et à la perte de l’individu et de la culture.
Ce texte, peut-être un des plus réussi de son auteur, date de 2000. Depuis Olivier Py a écrit une nouvelle leçon de théâtre « illusions comiques » qui se veut plus facile, plus
spectaculaire et certainement moins efficace que ce spectacle intime et superbe.
Texte et mise en scène de Olivier Py
Avec John Arnold et Samuel Churin
Décor, costumes et maquillages : Pierre André Weitz
Lumières : Olivier Py
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