Un commentaire de « la vie de Galilée » de Brecht comme aurait pu le faire Heiner Müller.
Scénographie abstraite de Nicky Rieti et formalisme de l’espace mais à l’intérieur duquel tout peut arriver de façon aléatoire.
Des danseuses mettent en mouvement la pensée mathématique de Galilée, Olivier Perrier la commente, Jeanne Balibar fait sienne les lettres de Virginia à Galilée son père, Frédéric Kunze semble être le technicien des événements et Bibi la truie vient bien sûr comme élément aléatoire.
Pas aussi simple et décidément Jean-François Peyret n’a pas oublié son travail sur Heiner Müller.
Hétérogénéité du discours, dissociation du discours et de l’image, distance et dérision… Tout ceci provoque un trouble chez le spectateur, une étrangeté, un inconnu qui nous charme ou non.
Un trouble qui se déplace en fonction du sens. Par exemple Bibi essayant de manger un chou : image se donnant comme aléatoire, comme perturbante pour le discours et l’espace. Avant dernière action du spectacle : Bibi essayant de manger une boule en bois. Même action que précédemment mais le trouble n’est plus le même, image violente de l’animalité humaine pour ne pas dire de l’église.
Avant cela la scène du cardinal condamnant les propos de Galilée rappelant le début du « Arturo Ui » de Brecht mis en scène justement par Heiner Müller. L’être humain ne parle plus mais cri et grogne exactement comme Bibi.
Intelligent et troublant ce Galilée-Matériau donne à réfléchir.
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