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  • : alexis magenham
  • critique-theatrale
  • : Homme
  • : 15/05/1986
  • : France Caen
  • : étudiant en Arts du spectacle à l'université de Caen Basse-Normandie.
Jeudi 26 juin 2008

« L’Orestie » soit la seule trilogie des tragédies Grecques a avoir survécue. Cette trilogie d’Eschyle est composée de « Agamemnon », « les Choéphores » et « les Euménides ». Avec les entractes 6h de spectacle si vous voyez l’intégrale, un spectacle court pour Olivier Py si on compte les 12h des « vainqueurs », ou du « soulier de satin » repris justement la saison prochaine à L’Odéon.

 

« L’Orestie » soit la vengeance d’une mère, Clytemnestre, qui tue son mari Agamemnon pour avoir sacrifié leur fille Iphigénie. Suit la vengeance du fils, Oreste, qui tue sa mère Clytemnestre et l’amant de celle-ci Egysthe. Enfin nous voyons la réhabilitation d’Oreste suite à un procès, jusque là poursuivi sans relâche par la malédiction monstrueuse de la mère : les Erinyes. C’est tout simple.

 

Olivier Py signe la traduction de cette Orestie, lourde tâche parfaitement remplie. L’écriture va à l’essentiel de la narration et évite les fioritures. Olivier Py se fait également veilleur de sa mise en scène, il introduit la parole après avoir attendu les spectateurs.

Les décors sont superbes (signés comme d’habitude par Pierre-André Weitz) : noirs et métalliques, ils s’organisent avec harmonie et intelligence dramatique.

Le chœur est composé d’une soprano, d’une mezzo soprano, d’un ténor et d’un baryton ; il est accompagné sur scène par le quatuor Léonis et chante en grec ancien. Cette musique magnifique est signée Stéphane Leach, habituel compositeur du metteur en scène.   

Comme toujours Olivier Py affirme une emphase et un lyrisme sans contenance. De cette affirmation peut naître la grâce, la folle beauté, mais peut également être source d’un certain ridicule. Un équilibre difficile à trouver. C’est particulièrement le cas sur « Agamemnon » qui se complet dans l’hétéroclite le plus étonnant et le moins digeste.

 

La présence des éléments : les flammes descendants des cintres, les flammes du rite et de l’holocauste. La pluie suinte sur le sol à plusieurs reprises et pour la première fois sur l’arrivée d’Agamemnon dans sa DS noire ; outre ce moment étonnant où une porte s’ouvre sur l’extérieur rendant la rue parisienne visible, le rapprochement entre Agamemnon et un certain président français des années 60 est intéressant. La terre est foulé sur le plateau, le messager annonçant la fin de la guerre de Troie s’en recouvre. Le souffle des Dieux, le vent du mythe, l’air que dégage la parole.   

Iphigénie n’est qu’une ombre rouge, une silhouette mortuaire dont le visage sera à jamais voilé et oublié.

Les meurtres ont lieus dans une boîte blanche en pantomime et rituel écarlate, un castelet sanguinaire, le « hors scène » devenant focale accrue du meurtre.

 

Idée de mise en scène étonnante cette utilisation des miroirs que l’on tend aux personnages. Richard III demandait également un miroir chez Shakespeare, il voulait contempler cette fièvre du pouvoir, ce savoir absolue sur la marche du monde et des hommes. Si Oreste voit sans cesse son reflet c’est qu’il sait tout de son avenir qui lui a été révélé par l’Oracle, il peut se contempler alors même qu’il s’apprête à tuer sa mère.

 

Les retrouvailles entre Oreste et Electre dans la seconde partie (brillamment mise en scène) sont magnifiques. Des retrouvailles qui se font dans l’enlacement, ils ne voient pas leurs visages. Le meurtre de la mère est également brillant : Oreste apparaît nue et maudit sa mère blottit contre son sein.

 

Beaucoup d’humour pour cet Orestie : les élucubrations d’Egysthe joué par Michel Fau, le coryphée usant d’un mégaphone en manifestant du peuple, la nourrice d’Oreste comparant l’enfant au chien, le procès final avec Frédéric Giroutru jouant Athéna et le ridicule actuel de l’argument d’Apollon pour sauver Oreste (c’est le père qui ensemence, la mère n’est que le réceptacle).

 

Finalement cette invective d’Apollon face aux Erinyes : la justice et la parole christique (une parole propre à sauver l’homme qui l’écoute) face à l’archaïsme tribal de la vengeance et du sacrifice barbare.

 

C’est bien là le cœur de cette lecture « pyesque » : le cri rituel qui devient un cri de Joie. Le cri du sacrifice qui affirme la totalité, le cri christique et le cri du poète.


d'ESCHYLE

texte français et mise en scène
OLIVIER PY

avec le regard amical de
Daniel Loayza
décor, costumes et maquillage : Pierre-André Weitz
musique :
Stéphane Leach
son :
Thierry Jousse
lumière : Olivier Py avec Bertrand Killy

avec
Anne Benoit, Nazim Boudjenah, Bénédicte Cerutti, Céline Chéenne, Michel Fau, Philippe Girard, Frédéric Giroutru, Miloud Khetib, Olivier Py, Alexandra Scicluna, Bruno Sermonne, Nada Strancar.
et
Philippe Dreux, Thibault Fack, Stéphane Ferrand, François Grosz, Anne Henry, Thierry Lelièvre, François Zani.
le Choeur : Damien Bigourdan, Christophe Le Hazif,
Mary Saint-Palais, Sandrine Sutter.
et le Quatuor Léonis :
Guillaume Antonini, Alphonse Dervieux, Thomas Gautier, Jean-Lou Loger.

production Odéon-Théâtre de l'Europe, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National.

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Mercredi 4 juin 2008

 

 

Spectacle appartenant au festival ‘Ecrire et mettre en scène aujourd’hui’ du Panta Théâtre de Caen. Ce 11ème festival des écritures contemporaines a choisi de s’intéresser au théâtre néerlandais et c’est l’auteur Rob De Graaf qui était présent sur cette forme travaillée en un peu plus d’une semaine avec 5 acteurs, 1 metteur en scène, 1 traducteur et 2 techniciens.

 

Mise en espace frontale alliant jeu et lecture. Jeu délarmoyé et parfois comique, choix judicieux.

Six chaises disposés aux côtés d’une exposition du mort. Le mort, homosexuel venant tout juste de succomber à une longue maladie. Vera, la sœur du mort et son Broes son mari, acteur en déroute. Awram, compagnon du mort et vaguement juif. Ster, ancien amant du mort après avoir été l’amant de Vera.

 

Ecriture de l’intime ressassant l’être aimé, connu, inconnu, retrouvé et éprouvé. Souffrance et exploration du moi de chacun à travers les relents du mort. Si Jean-Luc Lagarce raconte souvent le retour du fils/frère malade et pudique au sein de sa famille, Rob De Graaf raconte ici la suite. Le frère/amant est mort donc s’expose, expose violemment son corps froid en décomposition et s’expose à cette famille qui va parler. Parler dans le voisinage de la mort donc dans un temps arrêté. Awram dit à un moment que parler c’est creuser. Creuser la terre archaïque de l’être et de la mort.

 

PAIX de Rob De Graaf
Traduction Mike Sens

 

http://www.ville-caen.fr/panta/

      

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Samedi 17 mai 2008


Ils se marièrent et eurent beaucoup.

Texte de Philippe Dorin, essentiellement auteur de théâtre jeunesse (nominé aux Molières 2008) et nouvelle collaboration avec la metteuse en scène Sylviane Fortuny.

Histoire d’amour, peut-être on aimerait bien, un baiser qui voyage autour du monde à la recherche de la promise, on cherche ses mots, on découvre l’autre, la fille…

Devant le rideau rouge fermé deux comédiennes et deux comédiens qui se trouvent, chantent, parlent anglais, dansent, font ce qu’ils peuvent avec un texte qui n’est certainement pas le meilleur de Philippe Dorin (auteur du très beau « dans ma maison de papier, j’ai des poèmes sur le feu »). L’aspect music-hall un peu ringard, un peu cheap est parfois sympathique, parfois moins. Bien sûr si l’on compare ce spectacle à beaucoup d’autres créations pour le jeune public c’est un superbe travail drôle et parfaitement rodé faisant découvrir un auteur contemporain… Mais reste malgré tout un sentiment de surplace pour une histoire qui penche un peu trop vers le niais.    

Texte Philippe Dorin
Mise en scène Sylviane Fortuny
Assistée de Laure Duqué
Avec Carole Got, Philippe Orivel, Catherine Pavet, Jérôme Wacquiez
Costumes Sabine Siegwalt
Lumière Violaine Burgard
Musique Catherine Pavet
Régie Boualem ben Gueddach
Professeur de danse Caroline Roëlands

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Dimanche 4 mai 2008



Le cercle de craie Caucasien/Brecht + Le Tartuffe/Molière

Crée par Ariane Mnouchkine et le théâtre du soleil en 2005 (voir à ce sujet le magnifique documentaire de Duccio Bellugi Vannuccini « un soleil à Kaboul ou plutôt deux »), le théâtre aftaab vient au théâtre du soleil présenter « le Tartuffe » de Molière ainsi que « le cercle de craie caucasien » de Brecht.


Le Tartuffe est mis en scène par Hélène Cinque, ancienne comédienne du soleil, et reprend assez fidèlement le travail d’Ariane sur cette même pièce.


On retrouve l’énorme Madame Pernelle grimée et grimaçante, l’esthétique orientale… Et si on retrouve également le bruit de la manifestation islamiste à l’arrivée de Tartuffe, ce n’est plus un groupement islamiste mais catholique qui apparaît. Le désir de monter cette pièce à Kaboul est évident et nécessaire, Tartuffe catholique apparaît comme une précaution et une distance légitime.

C’est en tout cas un superbe travail que ces comédiens nous livrent.

« Le cercle de craie caucasien » est cette fois mis en scène par Arash Abasalan, comédien Iranien.


Des maladresses, de l’approximation et de l’emphase assez pesante mais tout cela disparaît derrière l’inventivité, l’amour du théâtre et surtout la grande générosité de ces comédiens. Arash Abasalan nous livre une lecture tout à fait juste de Brecht, ce qui est de plus en plus rare en occident. Dans cette pièce le peuple prend le pouvoir, un intellectuel est nommé juge et doit décider le sort d’un enfant. Savoir si l’enfant doit retrouver sa mère naturelle où rester avec celle qui l’a élevé n’est pas le plus important. S’interroger sur les compétences du juge, s’interroger sur la justice, son fonctionnement… c’est déjà plus intéressant.


Ses deux pièces amorcent la constitution d’un répertoire politique et vitale, transmis sur la scène avec exubérance, vitalité et générosité.

 

LE TARTUFFE

 

Auteur : Molière
Artistes : Sayed Mahmood Sharifi, Naser Khan, Mostafai, Fatima Mohammad Hakim, Ahmad Khalid, Ghulam Raza, Wahidullah Gulistani, Mohammad Aref, Ahmad Shafiq, Mohd Haroon Amanullah, Abdul Saboor Aiasuddin, Said Asif, Ahmad Seear, Omid Mahmood Shah, Shakaba M.Dawod, Sayed Ahmad Ashimi, Farid Ahmad Gul Ahmad, Wahidullah Mahbobi , Haroon Noori, Said Mortaza, Mohd Taher
Metteur en scène : : Hélène Cinque

 

LE CERCLE DE CRAIE CAUCASIEN

 

Auteur : Bertolt Brecht
Artistes : Absalan Abolghassem Hossein, Sayed Mahmood Sharifi, Naser Khan, Mostafai, Fatima Mohammad Hakim, Ahmad Khalid, Ghulam Raza, Wahidullah Gulistani, Mohammad Aref, Ahmad Shafiq, Mohd Haroon Amanullah, Abdul Saboor Aiasuddin, Said Asif, Ahmad Seear, Omid Mahmood Shah, Shakaba M.Dawod, Sayed Ahmad Ashimi, Farid Ahmad Gul Ahmad, Wahidullah Mahbobi , Haroon Noori, Said Mortaza,, Mohd Taher
Metteur en scène : : Arash Absalan

 

 

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Vendredi 2 mai 2008

 

 


[critique de la présentation d'une étape de création présentée au CCN de Caen]

Troisième création de Radhouane El Meddeb après « Pour en finir avec moi » (2005) et « Hûwà, Ce lui » (2006).

Quelqu’un va danser. Annonce présomptueuse, racoleuse et narcissique. Le corps de Radhouane en solo est chargé de cette force là, cette emphase là quand les lumières de la rampe s’allument et que des applaudissements se font entendre. Un espace grandiloquent parfois et en gestation, en attente à d’autres endroits du spectacle.

 

A l’intérieur de cet espace le corps de Radhouane : corps ascétique, corps fière, corps déconcerté, corps en attente, corps traversé par la transe, la transe de la danse.

 

Presque un manifeste biographique, le corps passe par l’enfance et ses maladresses. Un corps qui apprend à marcher, qui apprend à danser, à se mouvoir dans l’espace. La mémoire du corps et d’une vie.

 

Ce n’est pas sans humour. Le corps en convulsion sur le lac des cygnes. Le corps pris de vertiges dans un espace festif et pompeux. Le corps pris d’une sensualité surjouée.

 

Et cette simplicité toujours superbe. Le corps en attente et cette lumière dont l’intensité augmente et diminue sensiblement. Une respiration.

 

Finalement il danse ce corps, il danse jusqu’au bout, il danse, il s’éclate dans la lumière, il se secoue de tout son possible, il sourit, il danse jusqu’au bout, jusqu’au noir, jusqu’à la disparition.      

 

Par La Compagnie de soi. Texte et narration : Camille de Toledo.
Conseil chorégraphique : Trisha Bauman. Sous le regard de Mathilde Monnier, Héla Fattoumi.  

 

 

 

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Vendredi 2 mai 2008
 


Sur scène un cadre, une sorte de grande télévision diffusant vidéos et prouesses techniques, boîte à image ou castelet pour adultes dans lequel l’unique comédien Yves Jacques restitue quelque chose d’Andersen.

Interprétant plusieurs personnages, Yves Jacques nous conte les tribulations d’un librettiste québécois à Paris cherchant à écrire un opéra pour enfant adapté d’un conte d’Andersen pour l’opéra garnier.

La vidéo est habile, le comédien parfait, la technique impeccable.
Mise en abîme savoureuse du conte : le librettiste racontant ses aventures parisiennes, le conte la dryade d’Andersen se jouant en alternance, l’administrateur de l’opéra contant l’ombre d’Andersen à son enfant.
Le conte de l’administrateur est peut-être le point fort de ce spectacle parce que joué grâce aux subtilités d’une simple lampe.

C’est assez jubilatoire le fait que ce moment soit plus magique et réussi que toute la débauche numérique présente à côté.

Comique et agréable, ce spectacle communique un peu de la magie d’Andersen, ça n’est pas rien.

 

conception et mise en scène
Robert Lepage

interprétation
Yves Jacques

musiques
Donizetti,
Grieg,
Sarah McLachlan,
Offenbach

collaboration à l’écriture
Peder Bjurman,
Marie Gignac

collaboration à la conception
scénographique
Jean Le Bourdais

collaboration à la conception des éclairages
Nicolas Marois

conception sonore
Jean-Sébastien Côté

conception des costumes
Catherine Higgins


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Vendredi 25 avril 2008

 


« Je dois dire quelque chose. Je dois faire quelque chose. Faire une petite danse. Et là les danseurs entrent. »

 

L’urbanité sur la scène, des gens comme dans la rue disent-ils ces corps en costume de ville et de travail, ces corps qui progressent, se déplacent un peu et dansent à l’intérieur d’un rectangle noir délimité d’une bande blanche. Hors scène visible et tout aussi actif, on s’y assoit, parle et joue de la musique. Lumière crue et blanche parfois diffuse et jaune, beaucoup de contre créant des clairs obscurs séduisants sur les corps. « Montrer la personne » dit Gallotta.

 

Gallotta, danseur et chorégraphe français, signe avec ce spectacle le dernier épisode d’une trilogie après 99 duos (2002) et Trois générations (2004). Des gens qui dansent, un titre séduisant qui dit tout sur le spectacle. Des gens dansent « jusqu’au bout », des gens c’est-à-dire des danseurs professionnels mais aussi des amateurs. Une diversité urbaine qui simplement et avec beaucoup d’élégance étire le temps, installe une série de portrait réagissant en chœur ou en duos. Avec simplicité Gallotta s’installe une petite famille sur la scène et apprécie l’instant. Un danseur est seul sur scène, une danseuse le rejoint doucement. Un autre danseur fait quelques mouvements, frôle un corps qui le transforme, l’attire et le propulse ailleurs.

 

Le risque est de ne pas tenir cette étirement du temps et de faire alors du surplace, le rythme un peu trop malmené. Malgré tout la traversée de ces gens comme dans la rue qui regardent un couple qui danse, qui danse jusqu’au bout. Cette simplicité trop fragile étirée avec volupté comme une musique de Brian Eno. Ce clair obscur sur ces corps différents, ces âges différents en danse. Rencontres fragiles à la frontière de la rupture. Cette beauté là loin de tout spectaculaire comme à l’orée de l’événement, sa répétition, son avènement. Les danseurs entrent sur scène…                       

 

 

Pièce de Jean-Claude Gallotta
Avec Thierry Verger , Jean-Claude Gallotta , Cécile Renard , Darrell Davis , Françoise Bal-Goetz , Loriane Wagner , Ximena Figueroa , Benjamin Houal , Béatrice Warrand , Christophe Delachaux , Martin Kravitz , Camille Cau

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Mercredi 9 avril 2008

 



Ce nouveau spectacle de Jean-François Peyret en collaboration avec Françoise Balibar et Alain Prochiantz aurait pu s’appeler Galilée-Matériau.

 

Un commentaire de « la vie de Galilée » de Brecht comme aurait pu le faire Heiner Müller.

 

Scénographie abstraite de Nicky Rieti et formalisme de l’espace mais à l’intérieur duquel tout peut arriver de façon aléatoire.

Des danseuses mettent en mouvement la pensée mathématique de Galilée, Olivier Perrier la commente, Jeanne Balibar fait sienne les lettres de Virginia à Galilée son père, Frédéric Kunze semble être le technicien des événements et Bibi la truie vient bien sûr comme élément aléatoire.

 

Pas aussi simple et décidément Jean-François Peyret n’a pas oublié son travail sur Heiner Müller.

Hétérogénéité du discours, dissociation du discours et de l’image, distance et dérision… Tout ceci provoque un trouble chez le spectateur, une étrangeté, un inconnu qui nous charme ou non.

 

Un trouble qui se déplace en fonction du sens. Par exemple Bibi essayant de manger un chou : image se donnant comme aléatoire, comme perturbante pour le discours et l’espace. Avant dernière action du spectacle : Bibi essayant de manger une boule en bois. Même action que précédemment mais le trouble n’est plus le même, image violente de l’animalité humaine pour ne pas dire de l’église.

 

Avant cela la scène du cardinal condamnant les propos de Galilée rappelant le début du « Arturo Ui » de Brecht mis en scène justement par Heiner Müller. L’être humain ne parle plus mais cri et grogne exactement comme Bibi.

 

Intelligent et troublant ce Galilée-Matériau donne à réfléchir.   


Françoise Balibar (Collaboration artistique), Thierry Coduys (Création son), Chantal de La Coste Messelière (Costumes), Bruno Goubert (Lumières), Alexandros Markeas (Musique), Pierre Nouvel (Vidéo), Alain Prochiantz (Collaboration artistique), Nicky Rieti (Scénographie), Julie Valéro (Assistant(e) à la mise en scène) , Romain Vuillet, Jérôme Tuncer (Assistant son), Frédéric Kunze (Coaching cochon)
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Mercredi 9 avril 2008

 



Comme toujours Philippe Decouflé présente un travail sensible, précis et magique secoué d’humour et de dérision.

 

Avec « Sombrero » il conte un voyage au pays des ombres : ombres comme duo en miroir, ombres portées, ombres chinoises, ombres numériques.

 

C’est un crescendo vers la complexité.

Si les premiers duos révèlent une technique précise mais « artisanal » les derniers jeux avec images filmées/projetées sont assez spectaculaires et débordent le corps des danseurs.

Le corps se double de son pendant numérique, c’est l’articulation entre ces deux corps qui provoque, qui fonde la danse.

L’exemple le plus simple est la projection du corps face d’un danseur sur son dos : retrouver le sexe de cet homme sur ses fesses fait bien sûr beaucoup rire.

 

Le problème est certainement là.

Decouflé ne peut s’empêcher de jouer la carte de la dérision.

Petits sketchs viennent ainsi ponctuer le spectacle avec en vedette Christophe Salengro connu comme président du Groland sur Canal +.

C’est parfois réussi, parfois moins.

 

Reste au final une impression de grand spectacle sympathique.


Chorégraphie de Philippe Decouflé
Musique de Brian Eno
Avec
Philippe Decouflé, Clémence Galliard, Sébastien Libolt, Alexandra Naudet, Aurélia Petit en alternance avec Manon Andersen, Christophe Salengro, Olivier Simola, Christophe Waksmann

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Samedi 29 mars 2008

 

 

« La parole est cet amour qui s’incarne dans l’oralité sous la forme d’une promesse »

(Olivier Py, Epître aux jeunes acteurs pour que soit rendue la Parole à la Parole, Actes Sud-Papiers (apprendre), 2000, p.29.)

Une table où on se maquille côté jardin, un escabeau, un panneau noir. Et surtout cette lampe allumée, cette servante qui veille le théâtre éteint, cette signature du metteur en scène et auteur.      

Cette pièce/conférence est une adresse aux acteurs du conservatoire national supérieur d’art dramatique. Un Epître soit l'adresse, la parole prenant sa source dans le Christ. La parole entendue qui peut te sauver, te dire qui tu es.

Un Epître, soit la parole mystique du théâtre s’incarnant sur le bois même du drame à travers John Arnold et Samuel Churin. Cette leçon de théâtre mêle plainte émue et autodérision, le discours tenu défend le théâtre face au vide intellectuel, le théâtre qui affirme la totalité du monde, le théâtre qui ne dit que « dit moi comment tu parles et je te dirais qui tu es ». On reconnaît cette parole argileuse comme incarnation de l’homme : grande vertu du théâtre.

Jouissance du verbe, jouir par la bouche, la parole se donne au spectateur avec sa puissance fragile et tremblante. Une promesse malheureusement de plus en plus rare et donc de plus en plus nécessaire face au gouffre médiatique et à la perte de l’individu et de la culture.    

Ce texte, peut-être un des plus réussi de son auteur, date de 2000. Depuis Olivier Py a écrit une nouvelle leçon de théâtre « illusions comiques » qui se veut plus facile, plus spectaculaire et certainement moins efficace que ce spectacle intime et superbe.  

 

Texte et mise en scène de Olivier Py

Avec John Arnold et Samuel Churin

Décor, costumes et maquillages : Pierre André Weitz

Lumières : Olivier Py

 

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